Jason Scott : Why the BBS Documentary is Creative Commons ?
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Why the BBS Documentary is Creative Commons
2 Juin 2005
Pourquoi le documentaire “BBS” est-il placé sous licence Creative Commons ?
J’ai longuement tergiversé avant de me décider à rédiger ce billet, pas mal réflechi à la façon dont j’allais pouvoir l’aborder, et changé d’avis à maintes reprises concernant les propos que j’allais y tenir, les commentaires que j’allais y faire, etc. Ca m’arrive pour certains billets, et celui-ci est plutôt important, alors imaginez un peu ce qui a pu me passer par la tête.
Le documentaire BBS a été publié sous une licence Creative Commons Attribute Shaeralike 230. Tout le monde n’ayant pas la même conception du mouvement “Creative Commons”, je vous invite à visiter leur site Web pour savoir de quoi il retourne exactement, mais je vais malgré tout paraphraser leur définition pour servir mon propos.
Creative Commons est un groupe d’avocats “rock and roll” qui , basiquement, ont, en fait, regardé étudié l’actuelle loi draconienne du copyright et ont décidé d’un copyright alternatif qui autorise différentes utilisations du contenu et du matériel de telle façon à ce que ce soit clair pour toutes les parties. Alors que la loi actuelle sur le copyright aux Etats Unis dit que si un enfant touche s un CD sans l’avoir payé auparavant, il doit être abattu d’une balle dans la tête… la licence Creative Commons précise que l’enfant peut partir avec le cd, jouer avec et créer des sons bizarres avec son contenu, ajouter des beats, créer des samples ou quoique ce soit d’autre, selon les accords termes de la licence. Oh, et vous n’avez pas le droit de lui tirer une balle dans la tête.
Comme beaucoup de gens, je suis généralement acquéreur de contenu mais très rarement créateur de contenu. Je ne considère pas textfiles.com comme étant une création ; j’ai seulement ajouté 10 ou 20 Mo de descriptions pour indexer environ 2 Go de textes sur le site principal, avec un ratio équivalent et dans des proportions semblables dans d’autres sous-sites. Ce n’est que de l’indexation. J’ai écrit des articles and je suis même connu pour avoir fait une chanson ou deux, mais ce n’est rien comparé à aux piles de CD que j’ai achetés tout au long des années. En conséquence, il est très facile de regarder la loi actuelle sur le copyright, d’agiter mes petits poings serrés et de grogner comme chiot. Qu’est-ce que j’ai à perdre, des droits ? Alors bien sûr, libérez les contenus, [open source the moon], donnez-moi, donnez-moi, donnez-moi.
Quand vous regardez quelque chose comme ce documentaire, c’est une tout autre situation ; le temps passé à établir le contenu de ce site, et d’autres, s’élève à quatre années, sans rire ; J’ai débuté en juin 2001 et les DVD sont arrivés chez moi en mai 2005. Ca a réellement pris tout ce temps. Et il m’a vraiment fallu jusqu’à une année complète en terme d’heures passées à travailler sur le projet, depuis les e-mails, l’analyse des essais et des anciens fichiers, jusqu’à la production des films, des voyages et des interviews, en passant par les mois d’édition, sélectionnant des centaines d’heures de pellicule pour en faire une histoire honnête, authentique, informative et amusante. C’était, en fait, le plus grand support média que j’ai jamais réalisé. C’est aussi, finalement, un très beau package de trois DVD, à vendre.
Comme pour beaucoup de gens, je ne suis pas à l’aise quand il s’agit de parler d’Argent, mais si vous considérez mon temps personnel comme sans valeur, soit, je ne compterai pas le coût horaire de ce travail. Parlons des coûts de duplication et de production. Les coûts de production incluent l’achat d’équipement, composants d’ordinateurs/disques durs, voyage, repas, amendes pour exces de vitesse pour essayer d’être à l’heure à la prochaine interview, et une tonne de frais divers tels les péages, frais de port, tarifs d’entrée à des conventions, etc… Si vous ajoutez ces deux catégories de coûts (encore une fois, sans compter mon temps personnel) nous arrivons aux alentours de 15000 dollars (près de 12100 €).
Depuis que ce documentaire est devenu a abouti à une collection de huit épisodes de 5,5 heures, avec 80 minutes de bonus, et se poursuivra avec 100 heures ou plus d’interviews qui seront réalisées, [c’est un marché au delà des marchés]. Mais bien sûr, tout ceci ressemble au jeu du bonneteau ; c’est comme d’affirmer : “j’ai économisé beaucoup d’argent sur cette vente”. Le fait est que j’ai dépensé beaucoup d’argent et de temps.
(pour ce paragraphe, j’ai un doute, je n’arrive pas à le tourner en bon français - bleuargh)
Ainsi, en finalité, je demande une participation financière aux gens. J’en demande 50$ (environ 40,20€). Les gens me demandent le coût matériel des DVD et du packaging, mais ce n’est qu’une partie du coût global qui ne tient pas compte des autres frais concernant le contenu des DVD. Avec ce tarif, les gens ont commencé à rechigner, ce qui est compréhensible, dans un monde où vous pouvez acheter “Dirty Dancing” pour $3.99 (environ 2,50€) dans l’allée centrale des magasins, juste à côté des ballons de plage. C’est dans la nature des choses. Le site web du documentaire est inclu dans le set complet, expliquant pourquoi l’ensemble est génial et pourquoi vous devriez acheter une copie, donc je ne parlerai pas de cela. Je dirai plutôt que, à ce jour, j’ai visionné les films plus de 200 fois chacun, et que j’en regarde encore quelques uns, pour le plaisir. Mais, encore une fois, 50 billets c’est 50 billets (40€ c’est 40€).
Maintenant, avec la loi sur le copyright aux Etats-Unis, j’ai, en tant que créateur, un arsenal de statuts et de décisions légales impressionnant à ma disposition pour faire de votre vie, en supposant que vous faites partie de ceux qui copient mes films sans ma permission, un p***** d’enfer. J’entends par là, un méchant, puant et horrible endroit. Je peux vous menacer de vous envoyer pour plusieurs années en prison. Je peux vous poursuivre en justice devant la court civile et en même temps, avec un dossier criminel, au tribunal fédéral. Si je suis quelque peu bizarre, je peux aussi essayer de glisser Interpol dans tout ce bazar. Ainsi toutes ces lois peuvent me permettre de vous ruiner pour des années. Absolument, des années de votre vie, tout cela pour avoir copié mes films.
En d’autres termes, j’ai quantité de motivations pour être un idiot.
Et oui, il est tellement simple, maintenant que j’ai créé quelque chose qui m’a couté beaucoup d’argent, de vouloir et de parvenir à utiliser ces outils à mes propres fins. Même si, durant mes années d’études, j’ai fait des chansons en utilisant des samples de productions professionnelles, même si j’ai repris des images extraites de films pour les mettre sur un site web et en faire une parodie en 1995, je vois mon propre travail et la tentation est grande de dire “Non, c’est différent. C’est mon travail et vous ne pouvez pas avoir mon travail sans payer.”
Mais ce n’est pas ce que j’ai fait. Au lieu de cela, je suis resté fidèle à ma façon de penser et j’ai placé mon travail sous licence Creative Commons, abandonnant beaucoup d’outils que m’accordait la loi US sur les copyright, parce qu’ils sont “fait par des idiots, pour des idiots”, et doivent disparaître de cette terre.
C’était, d’une certaine manière, une décision difficile, parce que vous voulez vous “protéger” vous-même, mais vous réalisez alors que, en fait, vous ne “protégez” rien du tout ; tout ce que vous faites, c’est de devenir une tête-à-claques paranoïaque (???). Et une fois que vous avez compris ceci, alors tout devient un peu plus facile.
Voici ma recette secrête aux 11 herbes et épices ou “comment j’ai abordé la création du documentaire puis placé sous licence Creative Commons le travail final”.
Créer un très bon film.
En fait, jetez-vous à l’eau. Faites autant de recherches que vous pouvez, passez des mois à vous gaver de travail, parlez à des milliers de personnes sur le sujet, créez des outils pour rechercher cette information à recueillir. [Get a mailing list with advisors.] Filmez partout, réalisez tout le travail de montage, ne vacillez pas quand une opportunité se présente. [Get footage like you wouldn’t believe, and then edit that thing for months on end until it absolutely sings. Then kick it in the crotch and make it sing louder and on key.]
Résultat : vous avez un produit que les gens respectent
Créer un package “tape-à-l’oeil”
Rechercher ce qui existe en terme de packaging et faites vous faire une version personnalisée. N’hésitez pas à prendre de gros risques pour la création de votre package pour qu’il soit unique. Utilisez des couleurs et des photos. Faites appel à artist professionnel pour réaliser des graphismes personnalisés qui accrocheront le regard. Intégrez de petits messages. Trouvez des artist de tous pays vous aider. Réflechissez à ce qui pourrai faire de votre package une pièce unique, puis développez tout cela.
Résultat : vous obtenez un package qui ne peut être facilement reproduit par le numérique, [and which represents a unique experience in owning it.]
Facile à acheter, facile à vous contacter
Utilisez Paypal, Kagi, Amazon, etc… pour la distribution. Permettez au personnes de pouvoir vous contacter pour d’éventuels questions ou renseignements… et répondez. Traitez les gens qui souhaitent acheter votre travail avec respect, ne les trompez pas et ne mentez pas sur votre travail. Permettez leur d’en voir des extraits, qu’ils voient ce qu’ils vont acheter. Soyez franc et honnête concernant les délais et expliquez clairement ce qu’il se passe, alors tout sera clair pour les gens qui vous donneront leur argent.
Résultat : les clients respecteront votre travail et vos efforts et acheteront plutôt que de copier, tant que cela reste aussi simple.
Soyez disponibles pour les autographes et les discussions.
Répondez aux mails aussi rapidement que possible. Si des gens vous demandent de dédicacer le package, soyez disposé à le faire, sans vous poser de questions. Rendez-vous dans les endroits où vos produits se vendent et répondez au questions, montrez qui vous êtes. N’utilisez pas d’agent, sous-traitant, garde du corps, videur (???) ou n’importe quoi d’autre qui fera penser aux gens qu’ils sont un “problème” pour vous.
Résultat : Les gens sauront que vous leur avez fait prendre part dans le produit.
Comprendre que certaines personnes n’acheteront pas…
Même si vous êtes honnete, ouvert, amical, avec un super produit qui va changer la face du monde, quelques personnes, par principe, ne paient pas pour des films ou de la musique. Ils ont des outils pour récupérer ces médias gratuitement, outils qui sont meilleurs que les vôtres et plus souvent mis à jour. En comprenant cela, peut-être arreterez-vous de traiter chaque personne qui commande votre produit comme un moins que rien, coupable jusqu’à preuve de son innocence, inférieur à vous. Un certain nombre de personnes ne paient pas. Cela arrive aussi au cirque, aux concerts de rock, au supermaché, et à votre travail. Prendre vos clients pour [constantly-on-alert totalitarian wasteland] n’est pas la meilleure des solutions. Au lieu de cela, supposez que si vous avez fait un produit unique et interessant, en y mettant tout votre coeur, en faisant quelque chose qui ne peut pas être copié, les gens paieront. Et si vous les traitez comme des êtres humains, ils demanderont à d’autres personnes de l’acheter aussi.
Résultat : vous économisez beaucoup d’honoraires d’avocats, et les gens se sentiront comme des clients et non cibles. Mais aussi, vous vous sentirez mieux.
Vous comprenez où je veux en venir, j’espère…
La licence Creative Commons Sharealike indique que, en effet, chaque personne peut copier, remixer, sampler, fignoler, ou tout autre traitement sur le contenu du documentaire BBS comme vous traiteriez une pièce d’étoffe dans votre maison : dans le sens que vous voulez, à n’importe quelle fin, même commerciale. La différente est que la magie du numérique vous permet ce copier à volonté, mais sinon, ce n’est qu’un objet de plus dans votre maison, et dans votre ordinateur, que vous possédez. Les règles sont très simples : si vous faites quelque chose de ce documentaire, vous devez alors permettre aux gens d’utiliser ce “quelque chose” de la même façon, et leur indiquer comment vous l’avez obtenu à partir du Documentaire BBS de Jason Scott. Sinon, vous deviendrez zinzin, les enfants. Faites ces choses sans avoir peur d’être envoyé en prison (et la prison est un horrible endroit, croyez moi) et améliorez et construisez autour de ce documentaire de sorte qu’il prenne une place dans la culture populaire et l’éducation pour les années, voire les décénnies à venir.
Il m’incombe de fournir quelque chose qui vaut la peine d’être acheté, ainsi, le packaging est joli, l’impression est professionnelle, mon site et mon histoire sont faciles à trouver, et le système pour commander les exemplaires est simple. En admettant que je mente, que le packaging soit horrible ou indifférent (pensez au nombreuses “rééditions” de vieux albums), ou que le produit ne valle pas la peine d’être acheté (pensez au 90% de conneries dans le monde), ou que je le produise de telle façon que vous ayez à abandonner 3 enfants pour pouvoir acheter un exemplaire (pensez aux “[Click-through agreements]” et “[shrink-wrap licenses]”), alors je ne pense pas que vous seriez intéressé, n’est-ce pas ? Je ferai de votre vie un enfer pour faire de la mienne un paradis. Pourquoi alors acheteriez-vous ce produit ?
J’espère que la page de commande est simple est claire à utiliser. J’espère que le site web est informatif, plaisant et attrayant à parcourir. J’espère aussi que ma propre histoire sur la création de ce travail donnera l’inspiration aux gens pour l’acheter. Mais je réalise que ce ne sera pas toujours le cas. [I am not going to set the world on fire because of it. Respect flows both ways, and I get and recieve it in my mailbox on a daily basis now.]
Maintenant, je dois aborder un point important sur une idée fausse, conernant tout ceci, et qui montre, naturellement, comment les gens interprêtent la licence Creative Commons.
Seulement parce que j’ai placé ce documentaire sous licence Creative Commons ne veut pas dire que je ne souhaite pas être payé.
J’espère que tout ceci est clair. Ce que je veux dire c’est que “je ne vais pas être idiot, vous menacer et vous traiter comme moins que rien et vous dire ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire avec les DVD une fois que vous les avez acheté.” En d’autres termes : “je comprends que quelques personnes ne voudront pas les acheter, mais les regarder tout de même… bien! je suis content qu’ils les regardent. J’espère qu’il penseront à les acheter par la suite. L’espoir fait vivre.”
J’ai entendu certains dire : “Il veut qu’on le partage sur le P2P, il veut qu’on le copie et qu’on le distribue”. En fait, non. Je ne veux pas cela ; Je veux que les gens l’achetent et le montrent à qui ils veulent, le copient à un ami qui veut voir l’un des épisode mais qui ne veut pas l’acheter, ou encore l’emmener chez un ami pour le regarder avec lui et une douzaine de personnes. Je veux que les gens parlent de ce qu’ils ont vu dans le documentaire, se rappellent des bons moments, pensent à cette histoire et, pourquoi pas, penser à en écrire une eux-mêmes, ou faire leur propre documentaire. Voilà ce que je veux.
[What I will get is going to range wildly, and that’s fine ; ] ceux qui voudront l’acheter, l’acheteront (et je les en remercie). Ceux qui ne voudront pas l’acheter, ne l’acheteront pas. Ce n’est plus entre mes mains. Je ne vais pas m’enerver, ni pleurer puisque c’est une nouvelle mode dans le monde.
J’ai accomodé mes herbes et épices comme expliqué ci-dessus de façon à ce que ça donne quelque chose qui donne envie d’être acheté. [I didn’t just do the least amount of work necessary for it to be considered “not a total ripoff” and then market the living crap out of it to flim-flam people into paying good money for bad product. Believe me, I see a lot of stuff where that’s obviously what’s going on, and it’s why certain parts of the world are jaded and misanthropic about being made to pay for certain products.]
Dans mon monde rempli de métaphores, c’est comme d’acheter du pain. Vous ne pensez pas vous faire arnaquer quand vous achetez du pain ; vous ne dites pas “Bon dieu, pourquoi ce pain coute 20 dollars (environ 18 €)? en fait, c’est périmé! Ce n’est même pas du PAIN. C’est un genre de “best of de pain” avec des morceaux d’autres miches de pain mélangés!” Ramené à notre contexte, les gens pensent de cette façon, tout le temps, à propos des médias et autres produits. J’ai essayé de faire une miche de pain décente, bonne et consistante, qui a bon goût, qui vaut ce que ça vaut, n’est ne vous arnaque pas.
Nous y voici enfin, c’est un essai long et, certes, éssouflant, mais j’espère qu’ils clarifiera une fois pour toute ma façon de penser. C’est un énorme risque que j’ai pris, celui de travailler selon mes principes, et beaucoup de gens ont perdu leur subsistance et leur joie en suivant leurs principes. D’un autre côté, certain en sont ressortis plus riches. Je ne pense pas devenir riche, mais peut-être que tout le travail accompi sur ce documentaire me rendra riche. Mais même si ça n’est pas le cas, je sais ce que j’ai accompli, et ce sans jeter mon public et mes clients dans un hachoir à viande (?). Et c’est bon à savoir.
June 02, 2005
Why the BBS Documentary is Creative Commons
I’ve been hemming and hawing about doing this entry, going over how to approach it in my mind, starting and restarting what statements to put in it, what comments to make, and so on. I get like this about some entries and this one is a pretty important one, so realize what went into it.