Ce que les entreprises peuvent apprendre de l’Open Source

Auteur : Paul Graham

What Business Can Learn From Open Source

August 2005

(This essay is derived from a talk at Oscon 2005.)

Ce que les entreprises peuvent apprendre de l’Open Source

Aout 2005

(Cet article est extrait dérivé d’une conférence à Oscon 2005)

Lately companies have been paying more attention to open source. Ten years ago there seemed a real danger Microsoft would extend its monopoly to servers. It seems safe to say now that open source has prevented that. A recent survey found 52% of companies are replacing Windows servers with Linux servers. [1]

Ces derniers temps [Dernièrement? — j’aurai plutôt mis “les entreprise récentes ou nouvelles - Bleuargh —], les entreprises ont accordé davantage d’attention à l’Open Source. Il y a 10 ans, il semblait y avoir un réel danger réel danger pour que Microsoft n ‘[ne explétif]{- étende essaye [ou ne tente] d’-}étend re son monopole aux serveurs. On peut maintenant dire sans trop de risque que l’Open Source a empêché cela. Une étude récente a montré que 52% des entreprises sont en train de remplacent r leurs serveurs Windows par des serveurs Linux.[1]

More significant, I think, is which 52% they are. At this point, anyone proposing to run Windows on servers should be prepared to explain what they know about servers that Google, Yahoo, and Amazon don’t.

Savoir qui sont ces 52% est à mon avis Qui sont ces 52% est, à mon avis, plus significatif. A l’heure actuelleA ce niveau, quiconque proposerait se proposant de faire tourner Windows sur des serveurs devrait doit être préparé prêt à expliquer ce qu’il peut {-peuvent savoir de plus-} sait de plus sur les serveurs que les gens de Google, Yahoo et Amazon ignorent[je ne comprends pas cette phrase :/].
[proposition : “A ce niveau, quiconque proposant de faire tourner Windows sur des serveurs (je pense qu’est sous-entendu “de façon optimale”) devra être capable d’expliquer sur qu’il sait que Google, Yahoo et Amazon ignorent (je pense qu’ici aussi il y a un sous-entendu : “google, yahoo et amazon doivent apparemment avoir des serveurs sous linux très performants par rapport à ce que windows peut permettre de faire, donc que des gens affirment que les serveurs windows sont plus performant, sécurisés, fiables, etc… alors que nous avons la preuve du contraite, et ce à juste titre via google, yahoo et amazon” - enfin bon, c’est qu’un avis, Bleuargh]

But the biggest thing business has to learn from open source is not about Linux or Firefox, but about the forces that produced them. Ultimately these will affect a lot more than what software you use.

[Mais ce que le monde des affaires doit apprendre, de plus important encore,] Mais ce qu’il reste au monde des affaires à apprendre de plus important [encore malhabile mais évite le calque et “a à a…”]Mais la chose la plus importante que le monde des affaires a à apprendre de l’Open Source ne concerne pas Linux ou Firefox, mais plutot les forces qui les ont produits. Mais l’enseignement le plus important que le monde des affaires doive retirer de l’Open Source ne concerne pas Linux ou Firefox, mais plutot les forces qui les ont produits. Au final effacéEn définitive, elles vont avoir auront un impact beaucoup plus important que les logiciels utilisésque vous utilisez.

We may be able to get a fix on these underlying forces by triangulating from open source and blogging. As you’ve probably noticed, they have a lot in common.

Nous pouvons avoir une idée de ces forces sous-jacentes en comparant l’Open Source et le phénomène des blogs. Comme vous l’avez probablement remarqué noté, ils ont beaucoup de points communs en commun.
[La phrase d’origine est problématique à cause de cette soi-disant triangulation qui ne veut rien dire ici]

Like open source, blogging is something people do themselves, for free, because they enjoy it. Like open source hackers, bloggers compete with people working for money, and often win. The method of ensuring quality is also the same: Darwinian. Companies ensure quality through rules to prevent employees from screwing up. But you don’t need that when the audience can communicate with one another. People just produce whatever they want; the good stuff spreads, and the bad gets ignored. And in both cases, feedback from the audience improves the best work.

Comme l’Open Source, blogguer est quelque chose que les gens font par et pour [vraiment très peu sûr] eux-mêmes, gratuitement, [parce que cela leur plait : traduction du dico “to enjoy oneself : se plaire, se distraire, s’amuser] car ils aiment cela [pas vraiment mieux :/] ça leur plaît. Comme les développeurs hackers [contre-sens?] du monde de l’Open Source, les bloggueurs sont en concurrence [compétition = fozamy] avec des personnes travaillant contre rémunération pour de l’argent, et ils gagnent souvent. La méthode pour garantir la qualité est la même : Darwinienne. Les entreprises garantissent la qualité à travers des régles pour empêcher les employés de faire n’importe quoi. Mais vous n’en avez pas besoin de cela lorsque les participants peuvent communiquer entre eux. Les gens produisent simplement ce qu’ils veulent ; Les bonnes idées se propagent, les mauvaises sont ignorées. Et dans les deux cas, les commentaires des autres participants améliorent le résultat. [the best work ?! dans les deux cas, ce n’est donc pas le meilleur travail. Encore une phrase étrange]→[ both cases=opensource & blogging? — non, both cases = good stuff et bad stuff]

Another thing blogging and open source have in common is the Web. People have always been willing to do great work for free, but before the Web it was harder to reach an audience or collaborate on projects.

Autre point commun entre Une autre choses que les blogs et l’Open Source ont en commun est : le Web. Les gens ont toujours voulu travailler à de grandes réalisations réaliser de grandes choses gratuitement, mais avant le Web il était plus difficile d’atteindre un public ou de collaborer sur des projets avant le Web.

Amateurs

I think the most important of the new principles business has to learn is that people work a lot harder on stuff they like. Well, that’s news to no one. So how can I claim business has to learn it? When I say business doesn’t know this, I mean the structure of business doesn’t reflect it.

Amateurs

Je pense que la chose la l’enseignement le plus important e que effacé que les entreprises ont à apprendre aient à tirer de ces nouveaux principes? est que les gens travaillent plus dur sur des choses matières qui leur plaisent. Bon, ce n’est nouveau pour personne. Alors comment puis-je affirmer que les entreprises doivent l’apprendre ? Quand je dis que les entreprises ne le savent pas cela, j’entends par là que la structure des entreprises ne le reflète pas.

Business still reflects an older model, exemplified by the French word for working: travailler. It has an English cousin, travail, and what it means is torture. [2]

Les entreprises reflètent encore un plus ancien modèle, illustré par le mot français “travailler”. Il a un cousin anglais “travail” qui signifie torture.[2]

This turns out not to be the last word on work, however. As societies get richer, they learn something about work that’s a lot like what they learn about diet. We know now that the healthiest diet is the one our peasant ancestors were forced to eat because they were poor. Like rich food, idleness only seems desirable when you don’t get enough of it. I think we were designed to work, just as we were designed to eat a certain amount of fiber, and we feel bad if we don’t.

Toutefois, ce n’est pas le dernier mot à propos du travail. En même temps qu’elles deviennent plus riches, les sociétés apprennent quelque chose à propos du travail qui ressemble beaucoup à ce qu’elles ont appris apprennent à propos de l’alimentation. Nous savons maintenant que le régime alimentaire le plus sain est celui auquel nos ancêtres paysans était soumis du fait de leur pauvreté. Comme la nourriture riche, l’oisiveté ne semble désirable que lorsque vous n’en avez pas assez. Je pense que nous avons été conçus pour travailler, tout comme nous avons été conçus pour manger une certaine quantité de fibre, et nous nous sentons mal si nous ne le faisons pas.

There’s a name for people who work for the love of it: amateurs. The word now has such bad connotations that we forget its etymology, though it’s staring us in the face. “Amateur” was originally rather a complimentary word. But the thing to be in the twentieth century was professional, which amateurs, by definition, are not.

Il y a un nom pour ceux qui travaillent pour le plaisir : les amateurs. Ce mot a maintenant une si mauvaise connotation que nous en avons oublié son l’étymologie, bien que cela nous frappe en plein visage. “Amateur” était à l’origine plutôt un compliment. Mais au 20ème siècle il fallait être professionnel, ce que les amateurs, par définition, ne sont pas.

That’s why the business world was so surprised by one lesson from open source: that people working for love often surpass those working for money. Users don’t switch from Explorer to Firefox because they want to hack the source. They switch because it’s a better browser.

C’est pourquoi le monde de l’entreprise a été si surpris par une leçon de l’Open Source : les gens qui travaillent pour le plaisir surpassent souvent ceux qui le font pour de l’argent. Les utilisateurs ne sont pas passés d’Explorer à Firefox parce qu’ils veulent modifier les sources. Ils ont fait cet échange car c’est un meilleur navigateur.

It’s not that Microsoft isn’t trying. They know controlling the browser is one of the keys to retaining their monopoly. The problem is the same they face in operating systems: they can’t pay people enough to build something better than a group of inspired hackers will build for free.

Ce n’est pas que Microsoft n’essaie pas. Ils savent que contrôler le navigateur est une des clés pour conserver leur monopole. Le problème est le même que celui auquel ils font face pour les systèmes d’exploitation : ils ne peuvent pas payer leurs employés suffisamment pour construire quelque chose de meilleur que ce qu’un groupe de hackers inspirés fera gratuitement.

I suspect professionalism was always overrated— not just in the literal sense of working for money, but also connotations like formality and detachment. Inconceivable as it would have seemed in, say, 1970, I think professionalism was largely a fashion, driven by conditions that happened to exist in the twentieth century.

Je suspecte le professionnalisme d’avoir toujours été surévalué — pas uniquement dans le sens littéral, travailler pour de l’argent, mais également les connotations comme la formalité et le détachement. Aussi inconcevable que cela aurait pu sembler en, disons, 1970, je pense que le professionnalisme était largement une mode, guidée par les conditions qui existaient au 20ème siècle.

One of the most powerful of those was the existence of “channels.” Revealingly, the same term was used for both products and information: there were distribution channels, and TV and radio channels.

L’une des plus puissantes était l’existence de “canaux”. Il est révélateur que le même terme soit utilisé à la fois pour les produits et l’information : il existait des canaux de distributions et des canaux TV et radio.

It was the narrowness of such channels that made professionals seem so superior to amateurs. There were only a few jobs as professional journalists, for example, so competition ensured the average journalist was fairly good. Whereas anyone can express opinions about current events in a bar. And so the average person expressing his opinions in a bar sounds like an idiot compared to a journalist writing about the subject.

C’était l’étroitesse de ces canaux qui faisait croire que les professionnels étaient supérieurs aux amateurs. Il y avait peu de postes de journalistes professionnels, par exemple ; la compétition assurait donc que le journaliste moyen était plutôt bon. Alors que n’importe qui peut exprimer son opinion sur l’actualité dans un bar. Et donc l’individu moyen exprimant son opinion dans un bar a l’air d’un idiot comparé au journaliste qui écrit sur le même sujet.

On the Web, the barrier for publishing your ideas is even lower. You don’t have to buy a drink, and they even let kids in. Millions of people are publishing online, and the average level of what they’re writing, as you might expect, is not very good. This has led some in the media to conclude that blogs don’t present much of a threat— that blogs are just a fad.

Sur le Web, la barrière pour publier ses idées est encore plus basse. Vous n’avez pas besoin d’acheter une boisson, et ils on laissent même entrer les enfants. Des millions de personnes mettent en ligne leurs publications, et le niveau moyen de ce qu’ils écrivent, comme vous vous en doutez, n’est pas très bon. Ce qui a conduit certains medias à conclure que les blogs ne représentent pas un grand risque — que les blogs sont juste une mode.

Actually, the fad is the word “blog,” at least the way the print media now use it. What they mean by “blogger” is not someone who publishes in a weblog format, but anyone who publishes online. That’s going to become a problem as the Web becomes the default medium for publication. So I’d like to suggest an alternative word for someone who publishes online. How about “writer?”

En fait, la mode est le mot “blog”, en tout cas dans le sens où la presse écrite l’utilise à l’heure actuelle. Ce qu’ils entendent par “bloggueur” n’est pas quelqu’un publiant dans un format weblog, mais n’importe qui publiant en ligne. Cela va devenir un problème dès lors que le Web devient le media par défaut pour la publication. J’aimerais donc suggérer un autre terme pour définir quelqu’un qui publie en ligne. Que pensez-vous de “auteur” ?

Those in the print media who dismiss the writing online because of its low average quality are missing an important point: no one reads the average blog. In the old world of channels, it meant something to talk about average quality, because that’s what you were getting whether you liked it or not. But now you can read any writer you want. So the average quality of writing online isn’t what the print media are competing against. They’re competing against the best writing online. And, like Microsoft, they’re losing.

Ceux qui, dans la presse écrite, rejettent l’écriture en ligne parce que la qualité moyenne est basse, négligent un point important : personne ne lit le blog ‘moyen’. Dans l’ancien monde des canaux, parler de qualité moyenne avait un sens, car c’était ce que vous aviez, que vous aimiez ça ou pas. Mais désormais, vous pouvez lire tous les auteurs que vous voulez. La qualité moyenne de ce qui est écrit en ligne n’est donc pas ce contre quoi la presse écrite est en concurrence. Et, comme Microsoft, ils sont en train de perdre.

I know that from my own experience as a reader. Though most print publications are online, I probably read two or three articles on individual people’s sites for every one I read on the site of a newspaper or magazine.

Je sais cela de mon expérience personnelle de lecteur. Bien que la plupart de la presse écrite soit disponible en ligne, je lis probablement 2 ou 3 articles sur des sites personnels pour 1 article que je lis sur le site d’un journal ou d’un magazine.

And when I read, say, New York Times stories, I never reach them through the Times front page. Most I find through aggregators like Google News or Slashdot or Delicious. Aggregators show how much better you can do than the channel. The New York Times front page is a list of articles written by people who work for the New York Times. Delicious is a list of articles that are interesting. And it’s only now that you can see the two side by side that you notice how little overlap there is.

Et lorsque je lis, disons, les articles du New York Times, je ne les atteins jamais directement à partir de la page d’accueil du Times. Je trouve la plupart des choses grâce à des agrégateurs comme Google News, Slashdot, ou del.icio.us. Les agrégateurs montrent à quel point vous pouvez faire mieux que les canaux. La page d’accueil du New York Times est une liste d’articles écrits par des personnes qui travaillent pour le New York Times. Delicious est une liste d’articles qui sont intéressants. Et c’est seulement maintenant que vous pouvez les comparer?

côte à côte — redondant

que vous remarquez à quel point ils ont peu en commun.

Most articles in the print media are boring. For example, the president notices that a majority of voters now think invading Iraq was a mistake, so he makes an address to the nation to drum up support. Where is the man bites dog in that? I didn’t hear the speech, but I could probably tell you exactly what he said. A speech like that is, in the most literal sense, not news: there is nothing new in it. [3]

La plupart des articles dans la presse écrite sont ennuyeux. Par exemple, le président s’aperçoit qu’une majorité d’électeurs pense que l’invasion de l’Irak était une erreur, il a donc prononcé un discours pour appeler au soutien. Qu’y a-t-il d’extraordinaire là-dedans ? Je n’ai pas entendu le discours, mais je p euxourrais très probablement vous répeter exposer exactement ce qu’il a dit. Un discours comme celui-là n’est, dans le sens le plus

dans un sens plus littéral ? — au sens littéral du terme ?

littéral, pas une nouvelle : il n’y a rien de neuf là-dedans.[3]

Nor is there anything new, except the names and places, in most “news” about things going wrong. A child is abducted; there’s a tornado; a ferry sinks; someone gets bitten by a shark; a small plane crashes. And what do you learn about the world from these stories? Absolutely nothing. They’re outlying data points; what makes them gripping also makes them irrelevant.

Il n’y a rien de neuf non plus, à part les noms et les lieux, dans la plupart des “nouvelles” à propos de choses qui se sont mal passées. Un enfant est enlevé ; une tornade se produit ; un ferry coule ; quelqu’un se fait mordre par un requin ; un petit avion s’écrase. Et qu’est-ce que ces histoires vous apprennent sur le monde ? Absolument rien. Ce sont des données éparses [quelqu’un a mieux ? Ce sont des données/faits éloignés, mais ça ne veut rien dire comme ça — éparses est approprié amha - JoKoT3 extérieures, collatérales comme disent volontiers les troufions, marginales ?]; ce qui les rend captivants les rend aussi non pertinents [ne les rend pas pertinents pour autant…][je proposerai : “ce sont des faits sans rapport entre-eux ; ce qui les rend attractifs (ou interessant, ou attirant) ne les rends pas pertinents pour autant” - Bleuargh].

As in software, when professionals produce such crap, it’s not surprising if amateurs can do better. Live by the channel, die by the channel: if you depend on an oligopoly, you sink into bad habits that are hard to overcome when you suddenly get competition. [4]

Comme pour les logiciels, quand des professionnels produisent de telles merdes, il n’est pas surprenant que des amateurs puissent faire mieux. Qui vit par le canal périra par le canal : si vous dépendez d’un oligopole, vous prenez de mauvaises habitudes qui sont difficiles à perdre lorsque la concurrence arrive soudain ement.[4]

Workplaces

Another thing blogs and open source software have in common is that they’re often made by people working at home. That may not seem surprising. But it should be. It’s the architectural equivalent of a home-made aircraft shooting down an F-18. Companies spend millions to build office buildings for a single purpose: to be a place to work. And yet people working in their own homes, which aren’t even designed to be workplaces, end up being more productive.

Lieu de travail

Une autre chose que les blogs et les logiciels Open Source ont en commun est qu’ils sont souvent réalisés par des gens travaillant chez eux. Cela peut ne pas sembler surprenant. Mais cela devrait. C’est l’équivalent d’un avion réalisé artisanalement qui descendrait un F-18. Les entreprises dépensent des millions pour construire des immeubles de bureaux dans un seul but : être un endroit pour travailler. Et pourtant, des personnes travaillant dans leurs propres maisons, qui ne sont même pas prévues pour être des lieux de travail, se trouvent être plus productivent.

This proves something a lot of us have suspected. The average office is a miserable place to get work done. And a lot of what makes offices bad are the very qualities we associate with professionalism. The sterility of offices is supposed to suggest efficiency. But suggesting efficiency is a different thing from actually being efficient.

Cela prouve quelque chose que beaucoup d’entre nous avaient suspecté. Le bureau moyen est un endroit minable pour réaliser le travail. Et beaucoup de ce qui rend les bureaux mauvais sont les qualités mêmes qu’on associe avec le professionnalisme. La stérilité des bureaux est supposée induire l’efficacité. Mais induire l’efficacité est différent d’être réellement efficace.

The atmosphere of the average workplace is to productivity what flames painted on the side of a car are to speed. And it’s not just the way offices look that’s bleak. The way people act is just as bad.

L’atmosphère du bureau moyen est à la productivité ce que les flammes peintes sur une voiture sont à la vitesse. Et ce n’est pas uniquement ce à quoi ressemblent les bureaux qui est désagréable. La façon dont les gens agissent est toute aussi mauvaise.

Things are different in a startup. Often as not a startup begins in an apartment. Instead of matching beige cubicles they have an assortment of furniture they bought used. They work odd hours, wearing the most casual of clothing. They look at whatever they want online without worrying whether it’s “work safe.” The cheery, bland language of the office is replaced by wicked humor. And you know what? The company at this stage is probably the most productive it’s ever going to be.

Les choses sont différentes dans une start-up. La plupart du temps, une start-up démarre dans un appartement. Au lieu d’avoir des box beiges assortis, ils ont toute une collection de meubles qu’ils ont achetés d’occasion. Ils travaillent à des heures étranges, portant les vêtements les plus décontractés. Ils regardent ce qu’ils veulent en ligne sans s’inquiéter de savoir si c’est bien vis-à-vis du travail. Le langage sans saveur du bureau est remplacé par de l’humour pas toujours très correct. Et vous savez quoi ? L’entreprise à ce stade-là est probablement plus productive qu’elle ne le sera jamais.

Maybe it’s not a coincidence. Maybe some aspects of professionalism are actually a net lose.

Peut-être que ce n’est pas une coincidence. Peut-être que certains aspects du professionnalisme sont en fait une perte nette.

To me the most demoralizing aspect of the traditional office is that you’re supposed to be there at certain times. There are usually a few people in a company who really have to, but the reason most employees work fixed hours is that the company can’t measure their productivity.

Pour moi, l’aspect le plus démoralisant du bureau traditionnel est que vous êtes supposés être présent à certains horaires. Il y a en général peu de personnes dans une entreprise pour qui cela est réellement nécessaire, mais la raison pour laquelle la plupart des employés ont des horaires fixes est que l’entreprise ne peut pas mesurer leur productivité.

The basic idea behind office hours is that if you can’t make people work, you can at least prevent them from having fun. If employees have to be in the building a certain number of hours a day, and are forbidden to do non-work things while there, then they must be working. In theory. In practice they spend a lot of their time in a no-man’s land, where they’re neither working nor having fun.

L’idée de base derrière les horaires de bureau est que si vous n’arrivez pas à faire travailler les gens, vous pouvez au moins les empêcher de s’amuser. Si les employés ont à être dans le bâtiment un certain nombre d’heures par jour, et qu’il leur est interdit de faire de choses sans rapport avec le travail lorsqu’ils sont là, alors ils devraient travailler. En théorie. Dans la pratique, ils passent beaucoup de leur temps dans un no man’s land où ils ne travaillent pas et ne s’amusent pas.

If you could measure how much work people did, many companies wouldn’t need any fixed workday. You could just say: this is what you have to do. Do it whenever you like, wherever you like. If your work requires you to talk to other people in the company, then you may need to be here a certain amount. Otherwise we don’t care.

Si vous pouviez mesurer combien de travail réalisent les gens, beaucoup d’entreprises n’auraient pas besoin d’avoir d’horaires fixes. Vous pourriez simplement dire : voilà ce que vous avez à faire. Faites-le quand vous voulez, où vous voulez. Si votre travail requiert de parler avec d’autres personnes dans l’entreprise, alors vous pourriez avoir besoin d’être ici une partie du temps. Sinon, cela nous est égal.

That may seem utopian, but it’s what we told people who came to work for our company. There were no fixed office hours. I never showed up before 11 in the morning. But we weren’t saying this to be benevolent. We were saying: if you work here we expect you to get a lot done. Don’t try to fool us just by being here a lot.

Cela peut paraître utopique, mais ce que nous disons aux personnes qui viennent travailler pour notre entreprise. Il n’y a pas d’horaire fixe. Je ne suis jamais là avant 11 heures le matin. Mais nous ne disons pas cela pour être sympathiques. Nous disons : si vous travaillez ici, nous attendons de vous que vous fassiez beaucoup. N’essayez pas de tromper votre monrte en étant simplement trés présent.

The problem with the facetime model is not just that it’s demoralizing, but that the people pretending to work interrupt the ones actually working. I’m convinced the facetime model is the main reason large organizations have so many meetings. Per capita, large organizations accomplish very little. And yet all those people have to be on site at least eight hours a day. When so much time goes in one end and so little achievement comes out the other, something has to give. And meetings are the main mechanism for taking up the slack.

Le problème avec le modèle du temps de présence n’est pas seulement que cela est démoralisant, mais également que les personnes faisant semblant de travailler interrompent celles qui travaillent réellement. Je suis convaincu que le modèle du temps de présence est la principale raison pour laquelle les grandes organisations ont tant de réunions. Par personne, les grandes organisations réalisent très peu de choses. Et pourtant, tous ces gens doivent être présents sur le site pendant au moins 8 heures chaque jour. Si tant de temps est dépensé pour réaliser si peu de choses, il faut changer quelque chose. Et les réunions sont le principal mécanisme pour s’enliser encore plus.

For one year I worked at a regular nine to five job, and I remember well the strange, cozy feeling that comes over one during meetings. I was very aware, because of the novelty, that I was being paid for programming. It seemed just amazing, as if there was a machine on my desk that spat out a dollar bill every two minutes no matter what I did. Even while I was in the bathroom! But because the imaginary machine was always running, I felt I always ought to be working. And so meetings felt wonderfully relaxing. They counted as work, just like programming, but they were so much easier. All you had to do was sit and look attentive.

Pendant un an j’ai eu un emploi classique de type 9h-17h, et je me rappelle bien le sentiment étrange et confortable qui s’emparait de moi durant les réunions. J’étais totalement conscient, à cause de la nouveauté, que j’étais payé pour programmer. Cela semblait étonnant, comme si une machine sur mon bureau crachait un billet d’un dollar toutes les deux minutes, quoi que je fasse. Même lorsque je me trouvais aux toilettes. Mais parce que cette machine imaginaire était constamment en fonctionnement, j’avais la sensation que je devais toujours travailler. Et je trouvais donc les réunions merveilleusement relaxantes. Elles comptaient comme du travail, tout comme programmer, mais elles étaient tellement plus faciles. Tout ce que vous aviez à faire était de vous asseoir et d’avoir l’air attentif.

Meetings are like an opiate with a network effect. So is email, on a smaller scale. And in addition to the direct cost in time, there’s the cost in fragmentation— breaking people’s day up into bits too small to be useful.

Les réunions sont comme un opiacé avec un effet réseau. Tout comme l’e-mail, à plus petite échelle. Et en plus du coût direct en temps, il y a le coût dû à la fragmentation — fragmenter la journée des gens en morceaux trop petits pour être utiles.

You can see how dependent you’ve become on something by removing it suddenly. So for big companies I propose the following experiment. Set aside one day where meetings are forbidden— where everyone has to sit at their desk all day and work without interruption on things they can do without talking to anyone else. Some amount of communication is necessary in most jobs, but I’m sure many employees could find eight hours worth of stuff they could do by themselves. You could call it “Work Day.”

Vous pouvez voir à quel point vous êtes devenu dépendant à une chose en la supprimant brutalement. Pour les grandes entreprises, je propose donc l’expérience suivante. Réserver une journée pendant laquelle les réunions sont interdites — durant laquelle tout le monde doit s’asseoir à son bureau toute la journée et travailler sans interruption sur des choses qu’ils peuvent réaliser sans parler à personne. Une certaine quantité de communication est nécessaire dans la plupart des emplois, mais je suis sûr que beaucoup d’employés peuvent trouver huit heures de travail qu’ils peuvent faire par eux-mêmes. Vous pourriez l’appeler “le jour du travail”.

The other problem with pretend work is that it often looks better than real work. When I’m writing or hacking I spend as much time just thinking as I do actually typing. Half the time I’m sitting drinking a cup of tea, or walking around the neighborhood. This is a critical phase— this is where ideas come from— and yet I’d feel guilty doing this in most offices, with everyone else looking busy.

L’autre problème lorsque l’on fait semblant de travailler est que cela présente mieux que le vrai travail. Lorsque j’écris ou que je programme, je passe autant de temps à réfléchir qu’à réellement taper sur mon clavier. La moitié du temps, je suis assis à boire une tasse de thé, ou à traîner dans les environs. Il s’agit d’une phase critique — c’est de là que viennent les idées — et pourtant, je me sentirais coupable de faire cela dans la plupart des bureaux, pendant que tout le monde aurait l’air d’être occupé.

It’s hard to see how bad some practice is till you have something to compare it to. And that’s one reason open source, and even blogging in some cases, are so important. They show us what real work looks like.

Il est difficile de se rendre compte à quel point une pratique peut être mauvaise, jusqu’à ce que vous ayez quelque chose avec laquelle la comparer. Et ceci est une des raisons pour laquelle l’Open Source, et même blogger dans certains cas, sont si important. Ils nous montrent ce à quoi le vrai travail ressemble.

We’re funding eight new startups at the moment. A friend asked what they were doing for office space, and seemed surprised when I said we expected them to work out of whatever apartments they found to live in. But we didn’t propose that to save money. We did it because we want their software to be good. Working in crappy informal spaces is one of the things startups do right without realizing it. As soon as you get into an office, work and life start to drift apart.

Nous finançons actuellement huit nouvelles start-ups. Un ami m’a demandé ce qu’ils comptent faire pour les bureaux, et a semblé surpris lorsque je lui ai dit que nous espérions qu’ils travaillent dans l’appartement qu’ils ont trouvé pour y vivre.
Mais nous n’avons pas proposé ça pour économiser de l’argent. Nous l’avons fait parce que nous voulons que leurs logiciels soient bons. Travailler dans des lieux informels merdiques est l’une des choses bien que les startups font sans s’en rendre compte. Dès que vous arrivez dans un bureau, le travail et la vie commencent à se détacher l’un de l’autre.

That is one of the key tenets of professionalism. Work and life are supposed to be separate. But that part, I’m convinced, is a mistake.

C’est l’un des dogmes-clés du professionalisme. Le travail et la vie sont censés être séparés. Mais je pense que cela est une erreur.

Bottom-Up

The third big lesson we can learn from open source and blogging is that ideas can bubble up from the bottom, instead of flowing down from the top. Open source and blogging both work bottom-up: people make what they want, and the the best stuff prevails.

Du bas vers le haut

La troisième grande leçon que nous pouvons apprendre de l’Open Source et des blogs est que les idées peuvent émerger du bas, au lieu de descendre à partir du sommet. L’Open Source et les blogs fonctionnent tous les deux du bas vers le haut : les gens font ce qu’ils veulent, et le meilleur travail prévaut.

Does this sound familiar? It’s the principle of a market economy. Ironically, though open source and blogs are done for free, those worlds resemble market economies, while most companies, for all their talk about the value of free markets, are run internally like commmunist states.

Cela vous semble familier ? C’est le principe de l’économie de marché. Ironiquement, bien que l’Open Source et les blogs soient faits gratuitement, leurs mondes ressemblent aux économies de marché, alors que la plupart des entreprises, en dépit de tous leurs discours à propos des vertus des marchés libres, sont dirigées en interne comme des états communistes.

There are two forces that together steer design: ideas about what to do next, and the enforcement of quality. In the channel era, both flowed down from the top. For example, newspaper editors assigned stories to reporters, then edited what they wrote.

Il y a deux forces qui pilotent ensemble la conception d’un projet : les idées concernant ce qu’il y a à faire ensuite, et les contraintes de qualité. A l’époque des canaux, les deux allaient du haut vers le bas. Par exemple, les rédacteurs en chef des journaux assignaient des articles à des reporters, puis éditaient ce qu’ils avaient écrit.

Open source and blogging show us things don’t have to work that way. Ideas and even the enforcement of quality can flow bottom-up. And in both cases the results are not merely acceptable, but better. For example, open source software is more reliable precisely because it’s open source; anyone can find mistakes.

L’Open Source et les blogs nous montrent que les choses n’ont pas à fonctionner de la sorte. Les idées et même les contraintes de qualité peuvent aller du bas vers le haut. Et dans les deux cas, les résultats ne sont pas seulement acceptables, mais meilleurs. Par exemple, un logiciel Open Source est plus fiable précisément parce qu’il est Open Source; n’importe qui peut trouver des erreurs.

The same happens with writing. As we got close to publication, I found I was very worried about the essays in Hackers & Painters that hadn’t been online. Once an essay has had a couple thousand page views I feel reasonably confident about it. But these had had literally orders of magnitude less scrutiny. It felt like releasing software without testing it.

La même chose se passe avec l’écriture. Alors que nous nous rapprochions de la publication, j’étais très inquiet concernant les articles pour “Hackers & Painters” qui n’étaient pas en ligne. Une fois qu’un article a été vu mille ou deux-mille fois je me sens raisonnablement confiant à son sujet. Mais ceux-là ont été moins examinés littéralement d’un facteur de plusieurs ordres de magnitude. Cela fait penser à la livraison d’un logiciel sans le tester.

That’s what all publishing used to be like. If you got ten people to read a manuscript, you were lucky. But I’d become so used to publishing online that the old method now seemed alarmingly unreliable, like navigating by dead reckoning once you’d gotten used to a GPS.

C’est à cela que la publication ressemblait avant. Si vous aviez dix personnes pour lire un manuscrit, vous étiez chanceux. Mais j’ai été tellement habitué à publier en ligne que l’ancienne méthode me semble maintenant terriblement peu fiable, comme naviguer en utilisant uniquement les calculs lorsque l’on a pris l’habitude d’utiliser un GPS.

The other thing I like about publishing online is that you can write what you want and publish when you want. Earlier this year I wrote something that seemed suitable for a magazine, so I sent it to an editor I know. As I was waiting to hear back, I found to my surprise that I was hoping they’d reject it. Then I could put it online right away. If they accepted it, it wouldn’t be read by anyone for months, and in the meantime I’d have to fight word-by-word to save it from being mangled by some twenty five year old copy editor. [5]

L’autre chose que j’aime concernant la publication en ligne est que vous pouvez écrire ce que vous voulez et le publier quand vous le voulez. Plus tôt dans l’année j’ai écrit quelque chose qui paraissait convenable pour un magazine, je l’ai donc envoyé à un éditeur que je connais. Alors que j’attendais une réponse, j’ai découvert avec surprise que j’espérais qu’ils allaient le refuser. Je pourrai alors le publier en ligne immédiatement. S’ils l’acceptaient, il ne serait lu par personne avant des mois, et durant ce temps-là j’aurai à me battre mot par mot pour le sauver de la mutilation par un rédacteur de 25 ans.[5]

Many employees would like to build great things for the companies they work for, but more often than not management won’t let them. How many of us have heard stories of employees going to management and saying, please let us build this thing to make money for you— and the company saying no? The most famous example is probably Steve Wozniak, who originally wanted to build microcomputers for his then-employer, HP. And they turned him down. On the blunderometer, this episode ranks with IBM accepting a non-exclusive license for DOS. But I think this happens all the time. We just don’t hear about it usually, because to prove yourself right you have to quit and start your own company, like Wozniak did.

Beaucoup d’employés aimeraient bâtir de grandes choses pour l’entreprise pour laquelle ils travaillent, mais le plus souvent l’encadrement ne les laisse pas faire. Combien d’entre nous ont entendu l’histoire d’employés allant voir la direction et dire “s’il vous plaît laissez-nous construire cela pour vous rapporter de l’argent” — et l’entreprise refuser ? L’exemple le plus célèbre est probablement Steve Wozniak, qui voulait au départ construire des micro-ordinateurs pour son employeur d’alors, HP. Et ils l’ont éconduit. Au Gaffe-omètre, cet épisode rivalise avec celui d’IBM acceptant une licence non exclusive pour le DOS. Mais je pense que cela arrive tout le temps. Nous n’en entendons simplement pas parler d’habitude, parce pour prouver que vous avez raison il faut que vous démissionniez et que vous créiez votre propre entreprise, comme Wozniak l’a fait.

Startups

So these, I think, are the three big lessons open source and blogging have to teach business: (1) that people work harder on stuff they like, (2) that the standard office environment is very unproductive, and (3) that bottom-up often works better than top-down.

Start-ups

Ainsi, tout cela, je pense, nous donne les trois grandes leçons que l’Open Source et les blogs peuvent enseigner au monde des affaires : (1) les gens travaillent plus dur sur des sujets qu’ils aiment, (2) les environnements standards de bureau sont très improductifs, et (3) le ‘bas vers le haut’ fonctionne mieux que le ‘haut vers le bas’.

I can imagine managers at this point saying: what is this guy talking about? What good does it do me to know that my programmers would be more productive working at home on their own projects? I need their asses in here working on version 3.2 of our software, or we’re never going to make the release date.

Je peux imaginer des dirigeants déclarant à ce moment : mais de quoi parle ce gars ? Qu’est-ce que cela m’apporte de savoir que mes programmeurs serait plus productif en travaillant chez eux sur leurs propres projets ? J’ai besoin de leurs fesses ici pour travailler sur la version 3.2 de notre logiciel, ou nous n’allons jamais tenir la date de livraison.

And it’s true, the benefit that specific manager could derive from the forces I’ve described is near zero. When I say business can learn from open source, I don’t mean any specific business can. I mean business can learn about new conditions the same way a gene pool does. I’m not claiming companies can get smarter, just that dumb ones will die.

Et c’est vrai, le bénéfice qu’un dirigeant donné peut tirer des forces que j’ai décrit est proche de zéro. Lorsque je dis que le monde des affaires peut apprendre de l’Open Source, je ne dis pas que n’importe quelle entreprise peut en tirer quelque chose. Je veux dire que les entreprise peuvent apprendre de ces nouvelles conditions de la même façon que les gènes le font. Je ne dis pas que les entreprises vont devenir plus intelligentes, je dis juste que les plus stupides vont mourir.

So what will business look like when it has assimilated the lessons of open source and blogging? I think the big obstacle preventing us from seeing the future of business is the assumption that people working for you have to be employees. But think about what’s going on underneath: the company has some money, and they pay it to the employee in the hope that he’ll make something worth more than they paid him. Well, there are other ways to arrange that relationship. Instead of paying the guy money as a salary, why not give it to him as investment? Then instead of coming to your office to work on your projects, he can work wherever he wants on projects of his own.

Et donc, à quoi vont ressembler les entreprises lorsqu’elles auront assimilés les leçons de l’Open Source et des blogs ? Je pense que l’obstacle majeur nous empêchant de voir le futur des entreprises est la supposition que les personnes travaillant pour vous doivent être des employés. Mais pensez à ce qui se passe par en-dessous: l’entreprise a de l’argent, et elle paie les employés en espérant qu’ils vont réaliser quelque chose qui méritera ce salaire. Eh bien, il y a d’autres façons pour organiser cette relation. Au lieu de payer le gars sous forme de salaire, pourquoi ne pas lui fournir un investissement ? Ainsi, au lieu de venir au bureau pour travailler sur vos projets, il peut travailler où il veut sur des projets de son cru.

Because few of us know any alternative, we have no idea how much better we could do than the traditional employer-employee relationship. Such customs evolve with glacial slowness. Our employer-employee relationship still retains a big chunk of master-servant DNA.

Parce que peu d’entre nous connaissent une autre alternative, nous ne pouvons pas savoir à quel point cela pourrait être meilleur que la traditionnelle relation employeur-employé. De telles coutumes evoluent avec une lenteur glaciaire. Notre relation employeur-employé conservent encore actuellement une grande partie de l’ADN de la relation maître-esclave.

I dislike being on either end of it. I’ll work my ass off for a customer, but I resent being told what to do by a boss. And being a boss is also horribly frustrating; half the time it’s easier just to do stuff yourself than to get someone else to do it for you. I’d rather do almost anything than give or receive a performance review.

Je déteste être à l’une ou l’autre de ces places. Je me casserai le cul pour le client, mais je garde de la rancune contre les ordres que je reçoit de mon chef. Et être un chef est également terriblement frustrant; la moitié du temps, il est souvent plus simple de faire les choses vous même plutôt que le faire faire à quelqu’un d’autre pour vous.Je préfère faire n’importe quoi, plutôt que de donner ou de recevoir une rapport de performance.

On top of its unpromising origins, employment has accumulated a lot of cruft over the years. The list of what you can’t ask in job interviews is now so long that for convenience I assume it’s infinite. Within the office you now have to walk on eggshells lest anyone say or do something that makes the company prey to a lawsuit. And God help you if you fire anyone.

Au fil des années, l’emploi salarié a accumulé beaucoup de crasses au-dessus de ses origines peu prometteuses. La liste de ce que vous ne pouvez pas demander lors d’un entretien d’embauche est maintenant si longue que par facilité, je suppose qu’elle est infinie. Au bureau, vous devez désormais marcher sur des oeufs afin que personne ne dise ou fasse quelque chose qui pourrait entraîner l’entreprise à subir des poursuites judiciaires. Et que Dieu vous aide si vous virez quelqu’un.

Nothing shows more clearly that employment is not an ordinary economic relationship than companies being sued for firing people. In any purely economic relationship you’re free to do what you want. If you want to stop buying steel pipe from one supplier and start buying it from another, you don’t have to explain why. No one can accuse you of unjustly switching pipe suppliers. Justice implies some kind of paternal obligation that isn’t there in transactions between equals.

Rien ne montre plus clairement que l’emploi n’est plus une relation économique ordinaire que le fait que les entreprises soient attaqués pour avoir licencier quelqu’un. Dans toute relation purement économique, vous êtes libres de faire ce que vous voulez. Si vous désirez arrêter d’acheter des tuyaux en acier à un fournisseur et les acheter à un autre, vous n’avez pas à expliquer pourquoi. Personne ne peut vous accuser d’avoir injustement changer de fournisseur de tuyau. La justice implique une sorte d’obligation paternel qui n’existe pas lors de transactions entre égaux.

Most of the legal restrictions on employers are intended to protect employees. But you can’t have action without an equal and opposite reaction. You can’t expect employers to have some kind of paternal responsibility toward employees without putting employees in the position of children. And that seems a bad road to go down.

La plupart des restrictions légales sur les employeurs doivent servir à protéger les employés. Mais vous ne pouvez pas avoir une action sans une réaction opposée égale. Vous ne pouvez pas attendre des employeurs d’avoir une sorte de responsabilité paternelle envers les employés sans mettre les employés dans une position infantile. Et cela semble être une mauvaise route à parcourir.

Next time you’re in a moderately large city, drop by the main post office and watch the body language of the people working there. They have the same sullen resentment as children made to do something they don’t want to. Their union has exacted pay increases and work restrictions that would have been the envy of previous generations of postal workers, and yet they don’t seem any happier for it. It’s demoralizing to be on the receiving end of a paternalistic relationship, no matter how cozy the terms. Just ask any teenager.

La prochaine fois que vous serez dans une ville modérément grande, rendez vous à la poste centrale et étudiez le langage du corps des gens qui y travaillent. Ils ont la même rancoeur grognonne qu’ont les enfants lorsqu’ils font quelque chose qu’ils n’ont pas envie de faire. Leur syndicat a arraché des augmentations de salaire et des limitations de travail qui auraient rendu envieux les générations précédentes de postier, et pourtant cela ne semble pas les rendre plus heureux. Il est démoralisant d’être à l’extrémité réceptive d’une relation paternaliste, peu importe à quel point les termes sont confortables. Demandez simplement à un adolescent.

I see the disadvantages of the employer-employee relationship because I’ve been on both sides of a better one: the investor-founder relationship. I wouldn’t claim it’s painless. When I was running a startup, the thought of our investors used to keep me up at night. And now that I’m an investor, the thought of our startups keeps me up at night. All the pain of whatever problem you’re trying to solve is still there. But the pain hurts less when it isn’t mixed with resentment.

Je vois les désavantages de la relation employeur-employé car j’ai été des deux côtés d’une meilleure relation : la relation investisseur-fondateur. Je ne dirai pas que c’est facile. Lorsque je dirigeai une start-up, penser aux investisseurs me tenait éveiller la nuit. Et maintenant que je suis un investisseur, penser à nos start-ups me tient éveiller la nuit. La douleur de n’importe quel problème que vous essayez de résoudre est toujours présente. Mais cette douleur fait moins mal que lorsqu’elle est mélangée à la rancoeur.

I had the misfortune to participate in what amounted to a controlled experiment to prove that. After Yahoo bought our startup I went to work for them. I was doing exactly the same work, except with bosses. And to my horror I started acting like a child: I became sullen and rebellious. The situation pushed buttons I’d forgotten I had.

J’ai eu la malchance de participer à ce qui peut se rapprocher d’une expérience controlée pour prouver cela. Après que Yahoo ait acheté notre start-up, j’ai continué à travailler pour eux. Je faisait exactement le même travail, sauf pour les chefs. Et à mon propre dégoût, j’ai commencé à agir comme un enfant : je suis devenu grognon et rebelle. La situation a appuyée sur des boutons que j’avais oublié que je possédais.

The big advantage of investment over employment, as the examples of open source and blogging suggest, is that people working on projects of their own are enormously more productive. And a startup is a project of one’s own in two senses, both of them important: it’s creatively one’s own, and also economically ones’s own.

Le gros avantage de l’investissement sur l’emploi salarié, comme les exemples de l’open source et des blogs le suggère, est que les gens travaillant sur leurs propres projets sont énormément plus productifs. Et une startup est un projet à soi dans deux sens, les deux étant important : c’est créativement à soi, mais également économiquement à soi.

Google is a rare example of a big company in tune with the forces I’ve described. They’ve tried hard to make their offices less sterile than the usual cube farm. They give employees who do great work large grants of stock to simulate the rewards of a startup. They even let hackers spend 20% of their time on their own projects.

Google est un des rares exemples de grande entreprise en accord avec les forces que j’ai décrit. Ils ont grandement essayé de rendre leurs bureaux moins stériles que les habituelles fermes à cube. Ils donnent de grandes quantités d’actions aux employés qui réalisent du superbe boulot pour simuler la récompense d’une start-up. Ils laissent même les hackers passer 20% de leur temps sur leurs propres projets.

Why not let people spend 100% of their time on their own projects, and instead of trying to approximate the value of what they create, give them the actual market value? Impossible? That is in fact what venture capitalists do.

Pourquoi ne pas laisser les gens passer 100% de leur temps sur leurs propres projets, et au lieu d’essayer de faire une approximation de la valeur qu’ils ont créée, leur donner ce qu’il vaut réellement sur le marché ? Impossible ? C’est pourtant ce que font les capitaux-risqueurs.

JoKoT3 : on dit capital-risqueurs il me semble

So am I claiming that no one is going to be an employee anymore— that everyone should go and start a startup? Of course not. But more people could do it than do it now. At the moment, even the smartest students leave school thinking they have to get a job. Actually what they need to do is make something valuable. A job is one way to do that, but the more ambitious ones will ordinarily be better off taking money from an investor than an employer.

Ainsi, j’affirme donc que dans le futur, plus personne ne sera un employé — que tout le monde doit quitter son boulot démarrer une start-up ? Bien évidemment non. Mais davantage de gens pourrait le faire par rapport à maintenant. Pour le moment, même l’étudiant le plus intelligent quitte l’école en pensant qu’il doit trouver un emploi. En réalité, ce qu’ils ont besoin de faire est de réaliser quelque chose qui a de la valeur. Un travail est une façon de le faire, mais les plus ambitieux ferait normalement mieux de prendre l’argent d’un investisseur plutôt que d’un employeur.

Hackers tend to think business is for MBAs. But business administration is not what you’re doing in a startup. What you’re doing is business creation. And the first phase of that is mostly product creation— that is, hacking. That’s the hard part. It’s a lot harder to create something people love than to take something people love and figure out how to make money from it.

Les hackers ont tendance de penser que les affaires sont pour les MBAs

JoKoT3 : MBA ? à expliciter je pense…
Mrl1 : un MBA est une formation de 3e cycle (apres un bac+5) de type mastère, généralement en business, management ou commerce

. Mais ce que vous faites dans une start-up n’est pas de l’administration d’entreprise. Ce que vous faites est de la création d’entreprise. Et la première phase est principalement de la création de produit, c’est à dire du hacking. C’est la partie la plus difficile. Il est beaucoup plus difficile de créer quelque chose que les gens aiment que prendre quelque chose que les gens aiment et de déterminer comment faire de l’argent avec.

Another thing that keeps people away from starting startups is the risk. Someone with kids and a mortgage should think twice before doing it. But most young hackers have neither.

Une autre chose qui garde les gens éloignés du démarrage d’une start-up est le risque. Quelqu’un avec des enfants et une hypothéque devrait penser à deux fois avant de le faire. Mais beaucoup de jeunes hackers n’ont ni l’un, ni l’autre.

And as the example of open source and blogging suggests, you’ll enjoy it more, even if you fail. You’ll be working on your own thing, instead of going to some office and doing what you’re told. There may be more pain in your own company, but it won’t hurt as much.

Et comme l’exemple de l’Open Source et des blogs le suggère, vous prendrez plus de plaisir, même si vous échouez. Vous travaillerez sur vos propres projets, au lieu d’aller dans un bureau quelconque pour faire ce qu’on vous dit. Il y aura plus de douleurs dans votre propre entreprise, mais cela ne vous blessera pas autant.

That may be the greatest effect, in the long run, of the forces underlying open source and blogging: finally ditching the old paternalistic employer-employee relationship, and replacing it with a purely economic one, between equals.

Cela pourrait être le plus grand effet, sur le long terme, des forces sous-tendant l’Open Source et les blogs : se débarasser enfin de la vieille relation paternaliste employeur-employé, et la remplacer par une relation purement économique, entre égaux.

Notes

[1] Survey by Forrester Research reported in the cover story of Business Week, 31 Jan 2005. Apparently someone believed you have to replace the actual server in order to switch the operating system.

[1] Etude de Forrester Reserch annoncé dans l’article de couverture de Business Week du 31 janvier 2005. Apparemment, quelqu’un croyait que vous deviez remplacer votre serveur actuel pour pouvoir changer de système d’exploitation

[2] It derives from the late Latin trepalium, a torture device so called because it consisted of three stakes. I don’t know how the stakes were used. “Travel” has the same root.

[2]Il dérive du latin trepalium [en fait c’est tripalium - Bleuargh], un outil de torture appelé ainsi car il était constitué de trois ???poteaux/piquets??? [pieux - Bleuargh]. Je ne sais pas comment ces poteaux [pieux - Bleuargh] étaient utilisés. “Travel” a les mêmes racines.

JoKoT3 : ici je pense que stakes se traduirait pas « pointes », pour mieux comprendre le sens, il faut savoir que « pal » est la raciner latine de termes comme « empaler », d’où amha l’utilisation d’un terme plus générique.

[voir ici pour la définition exacte : http://membres.lycos.fr/patderam/tripalia.htm]

[3] It would be much bigger news, in that sense, if the president faced unscripted questions by giving a press conference.

[3] Cela aurait une plus grande nouvelle, dans un sens, si le président avait affronté les questions non écrites en donnant une conférence de presse.

[4] One measure of the incompetence of newspapers is that so many still make you register to read stories. I have yet to find a blog so stupid they tried that.

[4] Une mesure de l’incompétence des journaux est que la plupart vous font vous enregistrer pour pouvoir lire les articles. J’ai pourtant trouvé un blog si stupide qu’ils ont essayé cela.

[5] They accepted the article, but I took so long to send them the final version that by the time I did the section of the magazine they’d accepted it for had disappeared in a reorganization.

[5] Ils ont accepté l’article, mais j’ai mis tellement de temps à leur envoyer la version finale qu’au moment où j’ai fini, la catégorie du magazine pour laquelle ils avaient accepté l’article avait disparu dans une réorganisation

Thanks to Sarah Harlin, Jessica Livingston, and Robert Morris for reading drafts of this.

Remerciements à Sarah Harlin, Jessica Livingston, and Robert Morris pour la lecture des brouillons.

Page mise à jour le 06 août 2005 à 14h05 par JoKoT3
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